Vingt jours pour souffler
Le 9 août, les finales du London P1 refermaient la première partie de la saison. Le 29 août, les qualifications du Madrid P1 devaient déjà relancer la machine, avant le début du tableau principal le 1er septembre.
Vingt jours à peine séparaient les deux rendez-vous. Une parenthèse courte après des mois de tournois, d’avions, d’hôtels et de changements de fuseaux horaires. Sur les réseaux sociaux, les joueurs ont alors troqué les images de piste contre des plages, des bateaux, des repas entre amis et quelques destinations lointaines.
Mais en regardant précisément leurs déplacements, une réalité moins uniforme apparaît. Certains ont véritablement coupé. D’autres sont simplement rentrés chez eux. Et plusieurs ont continué à travailler dans des décors qui ressemblaient beaucoup à des vacances.
Le retour aux îles et aux lieux familiers
Pour Gemma Triay, la coupure a pris la forme d’un retour à Minorque. Originaire d’Alaior, la numéro 1 mondiale a retrouvé son île, ses proches et ses plages. La déconnexion n’a toutefois pas été totale : la presse locale l’a rapidement signalée sur les pistes minorquines, raquette en main. Chez elle, repos et padel restent difficiles à séparer.
Juan Lebrón a choisi une autre partie des Baléares. Les publications recensées pendant la trêve le situent à Formentera, tandis que d’autres récapitulatifs mentionnent également Ibiza. Bateau, mer et amis composent une image très méditerranéenne de la pause estivale.
Mike Yanguas n’a pas eu besoin de partir loin. Le Malaguène est resté sur la Costa del Sol, profitant de sa région, de ses amis et de quelques sorties. Jon Sanz a été aperçu à Tarifa, tandis que Coki Nieto a préféré le nord de l’Espagne pour échapper à la chaleur, accompagné de son chien Pirlo. Dans leur cas, les destinations ne représentent pas une rupture spectaculaire : elles offrent surtout une façon de retrouver un rythme plus personnel.
Santorin et la recherche d’une vraie coupure
Fede Chingotto a choisi Santorin avec sa compagne. Andrea Ustero a elle aussi partagé des images de l’île grecque, notamment lors d’une sortie en jet-ski. Les maisons blanches, la mer Égée et les paysages volcaniques proposent l’exact contraire visuel du quotidien du circuit : moins de tribunes, moins de lumière artificielle et aucune vitre autour du terrain.
À l’autre extrémité de la carte, Jairo Bautista a voyagé à Los Angeles puis Las Vegas avec sa compagne. Son itinéraire est l’un des plus clairement documentés grâce aux lieux mentionnés dans ses propres publications.
Agustín Tapia et Alejandro Galán ont également montré des séjours en mer. Tapia a partagé un bateau avec Lucas Centurión, Javier Valdés et plusieurs amis. Galán a profité de la Méditerranée avec Sandra Garal. En revanche, aucune localisation précise n’étant publiquement établie, il serait trompeur de leur attribuer une île uniquement à partir du paysage.
Cette prudence est importante. Une story permet de raconter une atmosphère, mais pas toujours de certifier une destination.
La trêve qui n’en était pas vraiment une
Pendant que certains se reposaient, une autre partie du circuit continuait à jouer.
Du 12 au 16 août, trente-six joueurs internationaux étaient réunis à Mumbai pour la quatrième saison de la World Padel League. Paula Josemaría, Bea González, Jon Sanz, Coki Nieto, Marta Ortega, Claudia Jensen, Verónica Virseda, Aranza Osoro, Sanyo Gutiérrez et plusieurs autres figures de Premier Padel ont ainsi utilisé la pause du circuit principal pour participer à une compétition par équipes en Inde.
Les 15 et 16 août, Martín Di Nenno, Alejandra Salazar et Maxi Sánchez se trouvaient de leur côté devant l’Opéra de Sydney. Le Padel Invitational, organisé avec Padel Australia, Premier Padel et la Fédération internationale, associait joueurs professionnels, célébrités, musique, restauration et marques dans l’un des décors les plus reconnaissables au monde. Il ne s’agissait pas de vacances, mais d’une mission très différente d’un tournoi classique : rendre le padel désirable sur un nouveau marché.
Marta Ortega résume peut-être mieux que quiconque cette nouvelle frontière entre voyage, travail et lifestyle. Après la World Padel League à Mumbai, elle était annoncée les 18 et 19 août au Waldorf Astoria Maldives Ithaafushi pour une résidence comprenant rencontres, entraînements et sessions privées avec les clients du resort. Le décor est celui d’une carte postale ; l’agenda reste professionnel.
Le centre de gravité reste méditerranéen
Cette carte des vacances raconte d’abord la fatigue d’un circuit devenu véritablement mondial. Après Pretoria et Londres, puis avant Madrid et Paris, la majorité des joueurs ne dispose pas d’un mois entier pour disparaître. La récupération doit tenir dans un espace très court.
Elle montre aussi que l’internationalisation du padel ne déplace pas encore complètement son centre de gravité humain. Quand ils ont le choix, beaucoup de joueurs reviennent vers l’Espagne, les Baléares, l’Andalousie ou plus largement la Méditerranée. Ce sont leurs maisons, leurs familles, leurs amis et les endroits où leur vie existe en dehors du classement.
Enfin, ces trois semaines révèlent la transformation du joueur professionnel en ambassadeur permanent. Mumbai, Sydney et les Maldives ne figurent pas au calendrier Premier Padel de la trêve, mais les joueurs y prolongent l’expansion du sport par d’autres formats : ligue privée, exhibition culturelle ou expérience touristique premium.
Avant Madrid, quelques jours pour redevenir invisible
Les images publiées pendant la pause donnent l’impression d’une grande dispersion : Santorin, Formentera, Los Angeles, Mumbai, Sydney ou les Maldives.
Pourtant, toutes racontent la même recherche. Après avoir vécu pendant des mois sous les projecteurs, les joueurs essaient de retrouver un peu de contrôle sur leur temps — parfois auprès de leur famille, parfois sur une île, parfois encore en choisissant une forme de travail plus légère et plus spectaculaire.
La trêve de Premier Padel n’est donc plus seulement un vide entre deux tournois. Elle est devenue un moment culturel à part entière : celui où les stars montrent les lieux, les personnes et les habitudes qui existent derrière leurs résultats.
Puis Madrid arrive, et la carte redevient un tableau.
Notre méthode
Cet article repose uniquement sur des localisations et activités rendues publiques par les joueurs, les médias ou les organisateurs. Il ne prétend pas recenser l’ensemble du circuit et n’attribue aucune destination non confirmée. Aucune localisation suffisamment solide n’a notamment été trouvée pour Arturo Coello ou Delfi Brea.
Le circuit s’arrête. L’économie du padel, elle, continue de voyager.
Sources
- FIP — calendrier Premier Padel 2026 ↗
- FIP — London P1 2026 ↗
- FIP — Madrid P1 2026 ↗
- Mundo Deportivo — les vacances des grandes figures du padel ↗
- Menorca — Gemma Triay de retour sur son île ↗
- Gol Estadio — récapitulatif des destinations ↗
- Dome SVP Stadium — World Padel League 2026 ↗
- FIP — Padel Invitational à Sydney ↗
- Sydney Opera House — programme du Padel Invitational ↗
- Breaking Travel News — Marta Ortega aux Maldives ↗