Une deuxième collection construite en trois registres
Kith Ivy a présenté le 3 octobre 2026 la deuxième collection liée à son club privé de wellness et de padel du West Village. Le lancement réunit trois ensembles complémentaires : des pièces lifestyle dessinées par Kith, une capsule de costumes avec Giorgio Armani et une gamme de vêtements, chaussures, accessoires et raquettes développée avec Wilson.
Le dispositif est plus intéressant que l’addition de trois logos. Chaque partenaire intervient sur un moment différent de la journée : Wilson sur le court, Kith dans les espaces du club et la ville, Armani dans un registre plus habillé. La collection ne propose donc pas un uniforme unique, mais plusieurs manières d’appartenir au même lieu.
La sortie publique est annoncée pour le lundi 5 octobre à 11 heures, heure de New York, sur Kith.com, l’application Kith et au Kith Ivy Private Members Club. Les membres peuvent déjà retrouver la collection dans le pro shop du club.
La publication officielle
Kith Ivy Fall 2026
La publication officielle présente la deuxième collection Kith Ivy : lifestyle Kith, tailoring Giorgio Armani et équipement de padel développé avec Wilson.
Crédit : Kith / @kith et @kithivy
Voir la publication de @kith × @kithivy ↗Le vêtement rend un sport lisible
La popularisation d’un sport ne passe pas uniquement par le nombre de courts, les audiences ou les champions. Elle dépend aussi de signes simples que le public peut identifier sans connaître le score : une silhouette, une couleur, une matière, une chaussure ou un sac. Le textile donne une forme visible à une pratique qui resterait autrement enfermée dans ses heures de jeu.
Le tennis l’a montré depuis longtemps avec le polo, la jupe plissée, le blazer et les vêtements blancs. Le Musée des Arts décoratifs a documenté ce passage progressif du vêtement conçu pour l’effort vers la garde-robe quotidienne et la haute couture. Le padel commence à produire sa propre version de ce mouvement, avec des codes encore assez ouverts pour être dessinés par les clubs et les marques.
Kith Ivy travaille précisément cette reconnaissance. Le vert Stadium, le bordeaux, les écussons, la veste varsity et les silhouettes de club installent une grammaire cohérente. Même lorsque la raquette disparaît de l’image, le vêtement conserve la trace du lieu et de la communauté auxquels il se rattache.

Du court à la ville, sans changer de récit
Le polo Tilden, le hoodie Williams I et la veste varsity en laine italienne double face Manteco ne sont pas présentés comme des vêtements de match. Ils reprennent plutôt les signes du club pour les déplacer vers une garde-robe de loisir. C’est là que le textile agit comme un relais culturel : il permet de montrer son rapport au sport quand on ne joue pas.
Cette continuité augmente aussi le nombre d’images possibles. Une tenue technique vit surtout dans l’action ; une veste, une maille ou un pantalon peuvent apparaître au café, au travail, dans la rue ou en voyage. Le sport circule alors à travers des personnes qui ne produisent ni résultat ni contenu pédagogique, mais qui rendent son univers familier.
La collection ne cherche pas pour autant un style padel universel. Elle exprime celui de Kith Ivy : new-yorkais, privé, très construit et positionné dans le luxe. Sa portée est d’abord symbolique. Elle montre qu’un club peut utiliser le vestiaire comme une extension de son architecture et de son identité.
Wilson garde la pratique au centre
La partie Wilson évite que l’ensemble repose uniquement sur l’image. Les tenues masculines et féminines emploient notamment des matières sans coutures WLSN PRO, des polyesters recyclés annoncés avec protection UPF 50+ et des mélanges extensibles pensés pour la ventilation et le mouvement. La robe Padel, la jupe Eastside et le polo Topspin associent ainsi les couleurs Kith Ivy à des constructions de jeu.
La chaussure Hurakn Pro RS revient dans une version V2 avec renforts en TPU et suède, empiècements en mesh, semelle intermédiaire EVA et détails co-brandés. Wilson présente également chez Kith Ivy ses Defy V2 : trois raquettes collaboratives lancées avant la sortie mondiale de la gamme annoncée pour décembre.
Ce partage des rôles est essentiel à la crédibilité du projet. Kith apporte son langage visuel et sa capacité à faire circuler un produit dans la mode ; Wilson apporte une connaissance du mouvement, de l’équipement et des contraintes du terrain. La mode peut élargir l’audience du padel sans effacer ce qui se joue réellement dans la tenue.
Armani déplace encore la scène
La capsule Giorgio Armani reprend le tailoring déstructuré de la maison dans des vestes croisées d’inspiration vintage, des pantalons en crêpe de laine, des chemises et des cravates proposés en noir et en vert Stadium. Aucun de ces vêtements n’est destiné à entrer sur le court. Leur présence dit autre chose : l’identité Kith Ivy doit pouvoir accompagner l’avant et l’après-match, jusqu’au dîner ou à un rendez-vous formel.
Le costume élargit ainsi la représentation du joueur. Il ne le réduit ni à la performance ni au sportswear. Dans les images de campagne, le tapis persan, la bibliothèque, le canapé et le gazon synthétique coexistent ; le padel est reconnu par les objets et les couleurs, sans qu’un échange soit nécessaire.
Un vêtement ne suffit évidemment pas à démocratiser une pratique, surtout lorsqu’il appartient à une collection premium liée à un members club. Il peut en revanche accélérer sa familiarité visuelle. Kith Ivy Fall 2026 fournit au padel des silhouettes assez précises pour être regardées comme de la mode, tout en restant attachées à un terrain identifiable.

Un sport gagne aussi en visibilité lorsque ses signes peuvent être portés, reconnus et transmis hors du terrain.
