Le sport donne les résultats. La semaine donne le récit.
Une piste bleue posée au centre de Philippe-Chatrier. Le soleil qui descend derrière les tribunes de Roland-Garros. Une raquette Babolat au pied de la tour Eiffel. Des joueurs de Premier Padel au Parc des Princes. Des DJ sets, des food-trucks, des espaces d’hospitalité, un tournoi de célébrités, du padel fauteuil et deux initiatives solidaires.
Puis, le dimanche soir, deux images sportives : Ariana Sánchez et Andrea Ustero soulevant le trophée féminin ; Arturo Coello et Agustín Tapia remportant Paris pour la quatrième année consécutive.
Les résultats racontent qui a gagné l’Alpine Paris Major 2026. La semaine raconte quelque chose de plus large : le padel français est en train de comprendre qu’un grand événement ne se contente plus d’organiser des matchs. Il doit créer un monde autour d’eux.
81 000 spectateurs : le changement d’échelle
La cinquième édition de l’Alpine Paris Major a réuni 81 000 spectateurs du 6 au 13 septembre 2026, selon le bilan communiqué par l’organisation le soir des finales. C’est un record pour le tournoi parisien.
Le chiffre le plus intéressant n’est pourtant pas uniquement celui de la semaine complète. Le dimanche 6 septembre, 11 217 personnes ont participé à la première édition du Padel Festival, avant même le début du tableau principal.
Autrement dit, plus de onze mille personnes se sont déplacées à Roland-Garros pour une journée dont le produit principal n’était ni une finale ni même un match décisif. La programmation mêlait qualifications, initiations, animations, restauration et exhibitions. Les visiteurs pouvaient découvrir le padel, entrer sur les pistes officielles et vivre le stade autrement.
C’est peut-être le signal culturel le plus important de la semaine : le Paris Major n’a plus besoin d’attendre ses quarts de finale pour devenir un événement.

Le premier match s’est joué entre le sport et le divertissement
Le Padel Festival a organisé sur Philippe-Chatrier un affrontement symbolique entre deux cultures de raquette. Richard Gasquet, Arnaud Clément, Lucas Pouille et Fabrice Santoro représentaient le tennis face à Paquito Navarro et Sanyo Gutiérrez.
Le but n’était pas de déterminer quelle discipline serait supérieure à l’autre. Le spectacle permettait au padel d’emprunter la mémoire, les visages et le prestige d’un sport déjà installé dans l’histoire française.
Un tournoi de célébrités complétait la journée. Parmi les personnalités officiellement annoncées figuraient notamment Jules Marie, Philippe Lacheau, Cartman, Jarry, Robert Pirès, Boris Diaw, Redouane Bougheraba, Matthias Dandois, Thierry Omeyer et Nikola Karabatic. Cette liste est volontairement non exhaustive.
Surtout, il ne s’agit pas d’un simple relevé de personnes aperçues en tribune : plusieurs sont venues jouer, participer ou se confronter à la discipline. Leur présence relie le padel à des communautés qui ne suivent pas encore Premier Padel — cinéma, humour, football, basket, handball, BMX et tennis.
La célébrité devient alors moins une décoration qu’un pont entre plusieurs publics.
Roland-Garros n’était plus seulement un stade
Pendant longtemps, un tournoi se définissait par son tableau, ses horaires et sa billetterie. Le Paris Major 2026 a élargi ce produit. L’office de tourisme de Paris mettait en avant les animations en plein air, les espaces de détente et les DJ sets à partir de 18 heures. Il décrivait Roland-Garros comme un véritable lieu de vie.
Ce vocabulaire est important. Il signifie que la valeur économique de l’événement ne repose plus uniquement sur le siège occupé pendant un match. Elle dépend aussi du temps passé sur place, de la restauration, des rencontres, de l’hospitalité, des contenus produits et de la capacité du lieu à accueillir plusieurs usages au cours d’une même journée.
Le spectateur ne vient plus simplement regarder. Il vient rester.
Paris est devenue le média du padel
La semaine a également dépassé les limites de la porte d’Auteuil. Le 7 septembre, Babolat et Juan Lebrón ont présenté la nouvelle collection développée avec le joueur espagnol sur une piste temporaire de 4PADEL installée au pied de la tour Eiffel. Raquettes, chaussures, textile et bagagerie n’étaient plus lancés dans un showroom fermé, mais devant l’un des monuments les plus reconnaissables au monde.
La ville ne servait pas seulement de décor. Elle transférait son prestige, son imaginaire et sa capacité de circulation mondiale à une collection de padel.
Deux jours plus tard, Arturo Coello, Agustín Tapia, Juan Lebrón, Leo Augsburger, Franco Stupaczuk et Mike Yanguas ont été associés à une séquence au Parc des Princes lors de la semaine du Major.
Le padel circulait ainsi entre trois scènes parisiennes : Roland-Garros, la tour Eiffel et le Parc des Princes. Une culture commence souvent de cette manière. Elle quitte son lieu d’origine et apparaît là où on ne l’attendait pas encore.
Les marques n’achetaient plus seulement de la visibilité
Le partenariat de marque a lui aussi changé de forme. Perrier, présent à Roland-Garros depuis 1978, a prolongé cette mémoire vers le padel en devenant les Bulles Officielles de l’Alpine Paris Major de 2026 à 2028.
ASICS est devenu partenaire officiel textile et chaussures. La marque a habillé les ramasseurs de balles et les équipes d’animation, tout en ajoutant une dimension d’essai produit destinée au public. Babolat a transformé Paris en lancement de collection. Veolia a utilisé son partenariat pour parler de ressources, de déchets, de durabilité et d’impact social.
Dans chaque cas, le logo n’était qu’une partie du dispositif. La marque cherchait un contexte dans lequel son histoire, ses produits ou ses engagements pouvaient être vécus.
Le padel devient intéressant pour les partenaires lorsqu’il peut offrir davantage qu’une audience : une expérience, des images, une communauté et un temps de présence.
Cœur Padel : la notoriété mise au service d’une cause
Le 11 septembre, Cœur Padel et Princesse Margot ont organisé les phases de leur tournoi caritatif avec le Comité national olympique et sportif français. Les phases finales ont ensuite trouvé leur place à Roland-Garros.
Parmi les personnalités et sportifs annoncés ou qualifiés figuraient notamment Thierry Omeyer, Jérôme Fernandez, Astrid Guyart, Julien Mertine, Brice Guyart, Sylvain Wiltord, Clément Chantôme et Cyril Hanouna.
Là encore, l’intérêt ne réside pas seulement dans l’accumulation de noms connus. Le format transpose au padel une mécanique déjà familière dans le football ou le basket : utiliser le spectacle et la notoriété pour réunir un public autour d’une cause.
Au moment de cette publication, aucun bilan financier public consolidé n’avait encore été communiqué. Il serait utile que les prochaines éditions rendent systématiquement visibles les montants collectés et leur destination. La culture de l’impact doit suivre la culture de l’image.
Le padel fauteuil a gagné la scène centrale
Le public a également pu découvrir le padel fauteuil sur la piste 4 avant une exhibition organisée sur Philippe-Chatrier avec Dorian Navarro, Nicolas Vanlerberghe, Edorta de Anta et Robin Ammerlaan.
Installer cette pratique sur la scène la plus symbolique du tournoi lui offre une visibilité que peu de clubs peuvent produire seuls. Mais la visibilité n’est qu’une première étape.
La question suivante concerne l’accessibilité réelle : combien de clubs français disposent de pistes, d’équipements, d’enseignants et de créneaux permettant une pratique régulière ? Le Paris Major peut rendre le padel fauteuil visible. L’écosystème doit ensuite le rendre disponible.
La semaine a aussi servi plusieurs engagements
Veolia a associé son partenariat à une cagnotte pour La Maison des Femmes 93. L’entreprise rappelle que le réseau des Maisons des femmes Restart accompagne 17 000 femmes chaque année dans 31 structures en France.
Ces initiatives montrent qu’un événement de padel peut devenir une plateforme de mobilisation. Elles imposent aussi une exigence nouvelle : publier des résultats. Combien de dons ? Combien de personnes touchées ? Quel impact environnemental mesuré ? Quels engagements reconduits ?
Un événement iconique ne se contente pas d’annoncer ses valeurs. Il accepte de documenter ce qu’elles produisent.
Les champions donnent au sport sa mythologie
L’aspect culturel ne remplace évidemment pas la compétition. Il s’appuie sur elle. Chez les femmes, Ariana Sánchez et Andrea Ustero ont remporté le titre en battant Claudia Fernández et Martina Calvo 6/2, 6/0. Sánchez décroche ainsi un troisième trophée parisien après 2023 et 2024.
Chez les hommes, Arturo Coello et Agustín Tapia ont battu Federico Chingotto et Alejandro Galán 6/3, 4/6, 7/6(1). Ils remportent le Paris Major pour la quatrième année consécutive.
Ces performances créent des héros, des rivalités, des souvenirs et une histoire que le public pourra raconter lors de l’édition suivante.
Le sport donne les personnages. La culture leur donne une scène.

Ce que Paris doit encore prouver
Le succès d’affluence est réel. La richesse des activations aussi. Mais le prochain bilan devra aller plus loin que le nombre d’entrées.
Combien de visiteurs du Padel Festival ont essayé le padel pour la première fois ? Combien reviendront dans un club ? Combien de contenus ont touché des publics extérieurs à la communauté existante ? Quel montant les opérations solidaires ont-elles collecté ? Quel a été l’impact environnemental de l’événement ? Combien de clubs pourront prolonger l’expérience du padel fauteuil ?
Le spectacle attire. La mesure dira s’il transforme.
Paris lui a donné une scène
En huit jours, le padel a occupé un stade mythique, une place au pied de la tour Eiffel, les images du Parc des Princes, les espaces de marques, les programmes familiaux, une soirée musicale, des actions solidaires et la scène du handicap sportif.
L’Alpine Paris Major 2026 n’a pas seulement montré que le padel pouvait remplir Roland-Garros. Il a montré qu’il pouvait utiliser Paris comme un média, le sport comme un langage commun et l’événement comme un lieu de culture.
Les champions ont gagné des trophées. Le padel, lui, a gagné une scène.
Les champions ont gagné des trophées. Le padel, lui, a gagné une scène.
Sources
- Alpine Paris Major — site officiel et programme 2026 ↗
- FIP — résultats officiels des finales, 13 septembre 2026 ↗
- FFT — présentation officielle du Padel Festival ↗
- Alpine Paris Major — programme officiel du Padel Festival ↗
- Paris je t’aime — Alpine Paris Major 2026 ↗
- International Padel Cluster — lancement Babolat × Juan Lebrón sous la tour Eiffel ↗
- FIP — les joueurs de Premier Padel au Parc des Princes ↗
- Nestlé Waters — partenariat Perrier, Alpine Paris Major 2026–2028 ↗
- ASICS — partenaire officiel textile et chaussures, 3 septembre 2026 ↗
- Cœur Padel — mission du fonds de dotation ↗
- France Olympique — tournoi Cœur Padel × Princesse Margot ↗
- FFT — exhibition de padel fauteuil à Roland-Garros ↗
- Veolia — engagements environnementaux et cagnotte pour La Maison des Femmes 93 ↗
